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L'Histoire de la Roumanie
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L'Histoire de la Roumanie  


de 5000 av JC a nos Jours

Les recherches effectuées par les archéologues roumains à Bugiulesti, dans le département de Vilcea, ont dévoilé des traces de la présence humaine datant du paléolithique inférieur (environ deux millions d'années avant J.-C).


BUCOVINE.com - Histria
Ces traces comptent parmi les plus anciennes d'Europe. C'est seulement à partir du néolithique (6-5.000 ans avant J.-C.) que l'on peut parler d'une population relativement stable.

A cette époque une culture remarquable à été créée, sur le territoire actuel de la Roumanie, illustrée par la céramique polychrome de Cucuteni.

Au cours de la première moitié du Ier millénaire avant J.-C., les tribus géto-daces s'individualisent dans la zone carpato danubienne pontique.

Tout ceci est rappelé pour la première fois dans l'œuvre historique écrite par Hérodote, le père de l'histoire (IVème siècle avant J.-C.).

Burebista (82-vers 44 avant J.-C.), contemporain de César, réussit à unir pour la première fois les tribus géto-daces et jette les bases d'un royaume puissant.  Home d'or des rois dace - BUCOVINE.com

Au Ier siècle avant J.-C., parallèlement à l'expansion de l'Empire Romain, le Danube est devenu la frontière entre l'Empire Romain et le monde dace, sur une distance de 1500 km.
Le Roi Decebale - BUCOVINE.com
Pendant le règne du roi Décébale, la Dacie connaît un très grand essor.

Suite à une première confrontation avec l'Empire Romain, pendant le règne de Domitien (87-89), deux autres guerres (101-102 et 105-106) ont été nécessaires pour que l'Empire Romain (à cette époque à l'apogée de son pouvoir) puisse vaincre Décébale et transformer la plus grande partie du royaume dace en province romaine.

La Colonne Trajane, élevée à Rome, et le monument triomphal d'Adamclisi (en Dobroudja) évoquent cet effort militaire, suivi par une colonisation massive et systématique des territoires conquis.

Bien qu'ils eussent subi des pertes importantes, les Daces sont restés après l'instauration de la nouvelle administration l'élément ethnique prépondérant.

Ils ont été soumis au processus complexe de romanisation, avec son attribut essentiel - l'acceptation graduelle, mais définitive, de la langue latine.

Après le retrait de l'armée et de l'administration romaines de la Dacie, au sud du Danube, sur l'ordre de l'empereur Aurélien (270-275), les autochtones Daco-Romains sont restés, pendant quelques siècles, dans la sphère d'influence politique, économique, religieuse et culturelle de l'Empire Romain et, après sa scission, sous celle de l'Empire Byzantin.

Ils ont survécu aux successives invasions des peuples migrateurs.

Simultanément à l'achèvement de la symbiose ethnoculturelles daco-romaine, accomplie aux IVème & VIIème siècles par la formation du peuple roumain, les Daco-Romains ont adopté le christianisme latin aux Ier IVème siècles.

Ainsi s'explique le fait que, aux IVème - VIIème siècles, quand le processus de formation du peuple roumain fut achevé, celui-ci apparaît sur la scène de l'histoire comme un peuple chrétien.

C'est pourquoi, à l'encontre des peuples voisins, qui ont des dates de baptême définies (les Bulgares - 865, les Serbes - 874, les Polonais - 966, les Slaves de l'Est - 988, les Hongrois - l'année 1000), les Roumains n'ont pas de date de baptême, étant chrétiens de naissance.
Les Huns - Bucovine.com
Aux IVème - XIII ème siècles, le peuple roumain a résisté devant les invasions des peuples migrateurs - les Goths, les Huns, les Gépides, les Avars, les Slaves, les Petchenègues, les Coumans, les Tatars - qui ont traversé le territoire roumain.

Les Slaves, établis en grand nombre au sud du Danube depuis le VIIème siècle, ont déterminé la dislocation de la masse compacte des Roumains du territoire carpato balkanique, isolant ceux qui habitaient au nord du Danube (les Daco-Roumains) de ceux qui habitaient au sud, déplacés vers l'ouest et le sud-est de la Péninsule Balkanique (les Roumains de Macédoine, les Mégléno-Roumains et les Istro-Roumains).

Progressivement, les Slaves établis au nord du Danube ont été assimilés par le peuple roumain.

L'appartenance à la religion orthodoxe a déterminé les Roumains à adopter le vieux slave (ecclésiastique) comme langue de culte et, depuis les XIVème - XIVème siècles comme langue de chancellerie et de culture.

Le slavon - qui n'a jamais été une langue vivante parlée par le peuple sur le territoire roumain - a eu pour les Roumains à une certaine époque du Moyen Âge, le même rôle que le latin pour l'Occident.

A l'aube de l'époque moderne, le roumain l'a définitivement remplacé dans le culte, dans la chancellerie et dans la culture.

À partir du Xème siècle, les sources byzantines, slaves et hongroises, plus tard occidentales, signalent l'existence de quelques formations d'Etat de la population roumaine - des principautés et des voïvodats - initialement en Transylvanie et Dobroudja, ensuite, aux XII ème - XIII ème siècles dans les régions de l'est et du sud des Carpates.
Habit Traditionel de Nasaud - BUCOVINE.com
Aux Xème - XII ème siècles, malgré la résistance opposée par les principautés et les voïvodats roumains, les Hongrois réussissent à occuper la Transylvanie et à l'englober au royaume hongrois (jusqu'au début du XVI ème siècle, sous la forme d'un voïvodat autonome).

Aux XII ème - XIII ème siècles, pour consolider son pouvoir en Transylvanie, où les Roumains ont toujours été, le long des siècles, l'élément ethnique puissamment majoritaire et pour défendre les frontières au sud et à l'est du voïvodat la couronne hongroise a fait coloniser par des groupes de Szekler et d'Allemands (Saxons) des régions de frontière.

Au XIVème siècle, pendant une période de recul des pouvoirs impériaux voisins, deux Etats féodaux indépendants se constituent au sud et à l'est des Carpates: la Valachie - pendant le règne de Basarab Ier (1310) et la Moldavie, pendant le règne de Bogdan Ier (1359).

Aux XIVème - XVème siècles, les royaumes hongrois et polonais vont s'essayer, mais sans succès, à annexer les deux principautés.

Au cours de la seconde moitié du XIVème siècle, un nouveau danger apparaît pour les pays roumains : l'Empire ottoman.

Seuls ou alliés aux pays chrétiens voisins, le plus souvent aux voïvodes des deux autres principautés, les voïvodes de la Valachie, Mircea l'Ancien (1386-1418) et Vlad Tepes (l'Empaleur 1456-1462), Etienne le Grand (1457-1504), prince de la Moldavie ou le voïvode de la Transylvanie, Iancu de Hunedoara (1441-1456) ont mené des luttes acharnées de défense contre les Turcs freinant leur entrée en Europe.

Mais la transformation de toute la Péninsule Balkanique en territoire turc a obligé la Valachie et la Moldavie (ensuite la Transylvanie) à reconnaître, pour plus de trois siècles, la suzeraineté de l'Empire ottoman.

Après la conquête de Buda et la transformation de la Hongrie en pachalik, la Transylvanie devient, elle aussi, principauté (1541), tout en reconnaissant la suzeraineté de l'Empire ottoman, comme les deux autres principautés roumaines.

 Michel le Brave - BUCOVINE.comLa fin du XVème siècle est dominée par la personnalité de Michel le Brave, qui réussit, après des luttes acharnées (Calugareni, Giurgiu), à reconquérir l'indépendance de la Valachie.

Pendant les années 1599-1600 il réunit pour la première fois dans l'histoire tous les territoires habités par les Roumains, en se proclamant prince de la Valachie, de la Transylvanie et de la Moldavie.

Bien qu'il ait été assassiné peu de temps après, l'acte de l'union réalisé par ce brave prince aura une valeur de symbole dans la conscience des générations futures.

La fin du XVII ème et le début du XVIII ème siècles ont apporté des modifications radicales sur l'échiquier politique centre- et est européen.

Après l'échec subi par l'Empire ottoman au siège de Vienne (1683), l'Empire des Habsbourg commence son expansion vers le sud-est de l'Europe et annexe la Transylvanie (1699).

Le rêve ambitieux des tsars russes de posséder les détroits des Dardanelles, du Bosphore et Constantinople place les Principautés Roumaines au-devant de l'expansionnisme russe.

Situées aux frontières des trois grands empires et désirées par chacun de ceux-ci, la Valachie, la Moldavie et la Transylvanie sont devenues, pour plus de 150 ans, non seulement un objet de dispute, mais un champ de bataille aussi, où les armées de ces empires se sont affrontées.
Cour d'Autriche - BUCOVINE.com Copyright© 2007
Pendant les nombreuses guerres menées par la Russie et l'Autriche contre l'Empire ottoman (1710-1711, 1716-1718, 1735-1739, 1768-1774, 1787-1792, 1806-1812, 1828-1829, 1853-1856), les confrontations qui ont eu lieu sur le territoire roumain, doublées toujours par une occupation militaire étrangère, prolongée souvent même après les guerres proprement dites, ont produit non seulement des ravages et des destructions ou déplacements de population, mais aussi de douloureuses amputations territoriales des provinces roumaines.

Ainsi, l'Autriche a annexé temporairement l'Olténie (1718-1739) et la partie de nord de la Moldavie nommée la Bucovine (1775-1918).

A la suite de la guerre russo-turque de 1806-1812, la Russie annexe l'est de la principauté de Moldavie, le territoire qui se trouve entre les rivières Prut et Dniestr: la Bessarabie (1812-1918).

Au XVIII ème et au début du XIX ème siècles, il y a eu d'importantes mutations économiques et sociales.

L'idée nationale, comme partout en Europe, commence à se glisser dans les rêves des intellectuels et constitue la base des projets d'avenir des politiciens roumains.

L'union d'une partie du clergé orthodoxe de Transylvanie avec l'église catholique (gréco catholique), réalisée pendant les années 1699-1701, a joué un rôle important dans le processus d'émancipation des Roumains de Transylvanie.

Leur lutte pour l'égalité des droits avec les autres nationalités (quoiqu'ils représentassent plus de 60% de la population de la principauté, ils étaient considérés tolérés dans leur propre pays) a été amorcée par l'Archevêque Inochentie Micu-Klein et continuée par les intellectuels dans le cadre de l'Ecole transylvaine.

En Valachie, les espoirs de renouvellement trouvent leur expression dans la révolution conduite par Tudor Vladimirescu (1821).

Bien que les armées ottomanes et tsaristes aient réprimé le mouvement, le résultat a été l'abolition du régime phanariote et la nomination de princes autochtones en Moldavie et Valachie.

L'année 1848 attire dans son effervescence révolutionnaire aussi les Principautés roumaines, portant au premier plan de la vie politique une pléiade d'intellectuels remarquables, tels que Ion Heliade-Radulescu, Nicolae Balcescu, Mihail Kogalniceanu, Simion Barnutiu, Avram Iancu et d'autres.

Si en Moldavie les troubles sont rapidement éteints, en Valachie les révolutionnaires exercent effectivement le pouvoir pendant les mois de juin - septembre 1848.

En Transylvanie, la révolution se prolonge jusqu'en 1849; l'incapacité des dirigeants hongrois de comprendre la justesse des revendications des Roumains et leur décision d'annexer la Transylvanie à la Hongrie a eu comme résultat la scission des forces révolutionnaires des Roumains et des Hongrois.

Le gouvernement hongrois a essayé de liquider la lutte des Roumains, mais il a rencontré la résistance armée acharnée dans les Montagnes Apuseni, conduite par Avram Iancu.

Quoique l'intervention brutale des armées ottomanes, tsaristes et austro-hongroises eût triomphé pendant les années 1848-1849, la nouveauté des idées démocratiques a gagné partout du terrain dans la décennie suivante.

Au Congrès de paix de Paris (février - mars 1856), après la guerre de Crimée (1853-1856), le statut des principautés danubiennes (la Valachie et la Moldavie) a acquis les dimensions d'un problème européen.

Tout en demeurant sous la suzeraineté ottomane, la Valachie et la Moldavie se trouvaient sous la garantie des sept pouvoirs signataires du Traité de Paris. Le pince Alexendru Ion Cuza - BUCOVINE.com

Les sept pouvoirs protecteurs ont approuvé dans une mesure réduite les revendications des Roumains.

Les 5-17 janvier 1859, en Moldavie et 24 janvier - 5 février 1859, en Valachie, les Roumains ont élu Alexandru Ioan Cuza comme prince régnant unique, réalisant ainsi l'union des deux principautés.

Le 24 janvier - 5 février 1862, l'Etat national roumain a adopté le nom de Roumanie et a établi la capitale à Bucarest. Secondé par Mihail Kogalniceanu, son plus proche conseiller et collaborateur, Alexandu Ioan Cuza a mis en œuvre un programme de réformes qui avait le mérite de continuer la modernisation des structures de l'Etat roumain.

Le 10 mai 1866, après l'abdication d'Alexandru Ioan Cuza, à la suite d'un plébiscite, Carol (Charles) de Hohenzollern Sigmaringen a été proclamé le prince régnant de la Roumanie.

La nouvelle Constitution, promulguée en 1866 (en vigueur jusqu'en 1923) a proclamé la Roumanie monarchie constitutionnelle (1881).

Le 9-21 mai 1877, dans une conjoncture internationale favorable, la Roumanie a proclamé son indépendance d'Etat. Mihail Kogalniceanu était ministre des Affaires étrangères.

A la demande d'aide formulée par les Russes, le gouvernement conduit par Ion C. Bratianu a décidé d'unir les forces roumaines à celles russes qui opéraient sur le front de Bulgarie.

Le Congrès International de paix de Berlin (juin juillet 1878) confirme l'indépendance de la Roumanie et rétablit ses droits sur la Dobroudja, province qui a été pendant une très longue période sous la domination ottomane.

En Transylvanie, la signature de l'accord qui jetait les bases de la reconstitution de l'État hongrois après plus de trois siècles depuis son collapsus et de la formation de l'Empire d'Autriche-Hongrie (1867) a eu de graves conséquences pour les Roumains de ce pays.

La Transylvanie a perdu l'autonomie qu'elle avait eue pendant la domination autrichienne et a été incorporée à la Hongrie.

La législation de Budapest, qui proclamait l'existence d'une seule nation - celle hongroise - visait la destruction des autres nationalités par leur migration forcée.

Pendant cette période, le Parti National Roumain de Transylvanie a joué un rôle important dans l'affirmation de l'identité nationale des Roumains.

Il est devenu le porte-parole de la lutte pour la reconnaissance de l'égalité des droits de la nationalité roumaine et de la résistance opposée aux projets de dénationalisation.

En 1892, la lutte nationale des Roumains a connu un moment très important: le Mémorandum, qui a attiré l'attention de l'empereur Franz Joseph 1er et de l'opinion publique européenne sur les revendications des Roumains et sur l'intolérance du gouvernement de Budapest en ce qui concernait le problème national.

Les années 1878-1914 on représenté pour la Roumanie une période de stabilité et de progrès.
Gh. Grigore Cantacuzino- BUCOVINE.com
La vie politique s'est concentrée autour des deux grands partis - le Parti conservateur (Lascar Catargiu, P.P. Carp, Gh. Grigore Cantacuzino, Titu Maiorescu) et le Parti libéral (Ion C. Bratianu, Dimitrie A. Sturdza, Ion I.C. Bratianu, etc.)

L'alternance de ces partis au gouvernement du pays représente le trait caractéristique du système de gouvernement de l'époque. La politique expansionniste de la Russie a déterminé la Roumanie à signer, en 1883, un traité secret d'alliance avec l'Autriche-Hongrie, l'Allemagne et l'Italie, renouvelé périodiquement jusqu'à la première guerre mondiale.

Au mois d'août 1914, au début de la première guerre mondiale, la Roumanie a proclamé sa neutralité.

Deux années plus tard, elle s'est alliée à l'Entente, qui promettait d'aider à la réalisation de l'unité nationale.

Le gouvernement conduit par Ion I.C.Bratianu a déclaré la guerre à l'Autriche-Hongrie.

Après les succès initiaux, l'armée roumaine a été obligée à se retirer en Moldavie.

Pendant l´été de l'année 1917, dans les grandes batailles de Marasesti et Oituz, les Roumains ont anéanti la tentative des Puissances Centrales d'éliminer la Roumanie de la guerre par l'occupation du reste de son territoire.

Le triomphe du droit des peuples à l'autodétermination qui s'est imposé vers la fin de la première guerre mondiale a été au service de la cause des Roumains des Empires Tsariste et Austro-Hongrois.

La chute du tsarisme permet aux Roumains de Bessarabie d'exprimer leur volonté de s'unir avec la Roumanie (le 27 mars - 9 avril). L'effondrement de la monarchie austro-hongroise à l'automne de 1918 a créé des conditions favorables à l'émancipation des nations persécutées de l'Empire Austro-Hongrois.

Le 15-28 novembre 1918, le Conseil National de la Bucovine vote l'union de cette principauté avec la Roumanie.
Musée de l'union Salle de l'union
Le 18 novembre - 1-er décembre 1918, l'Assemblée Nationale d'Alba Iulia, en Transylvanie vote en présence de plus de 100.000 Roumains l'union de la Transylvanie et du Banat avec la Roumanie.

Les traités internationaux de paix des années 1919-1920 qui fixaient le statut des nouvelles réalités européennes ont sanctionné l'union de toutes les provinces habitées par les Roumains en un seul Etat (295.042 km2, avec une population de 15,5 millions d'habitants).

L'introduction du vote universel, l'application d'une réforme agraire, l'adoption d'une nouvelle constitution, l'une des plus démocratiques d'Europe ont créé un cadre général démocratique et ont permis un développement économique rapide. (Pendant les années 1923-1938, la production industrielle de la Roumanie a doublé).

Avec les 7,2 millions de tonnes de pétrole extraits en 1937, la Roumanie était le deuxième producteur européen et le septième mondial.

Les objectifs de la politique extérieure de l'entre-deux-guerres, où Nicolae Titulescu jouait un rôle primordial, visaient à maintenir le statu quo territorial par la création des alliances régionales, à appuyer la Société des Nations, la politique de sécurité collective et le développement d'une collaboration étroite avec les pays démocratiques de l'Occident - la France et la Grande-Bretagne. En 1920-1921, avec la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie, la Roumanie a jeté les bases de la Petite Entente et a conclu, en 1934, une nouvelle organisation de sécurité régionale - l'Entente Balkanique - avec la Yougoslavie, la Grèce et la Turquie.

Quand la seconde guerre mondiale a éclaté, la Roumanie a proclamé sa neutralité (le 6 septembre 1939), mais les défaites subies par la France et la Grande-Bretagne en 1940 créent en Roumanie une situation dramatique.
Nicolae Titulescu - BUCOVINE.com
Commençant à appliquer les indications du protocole secret soviéto-allemand du 23 août 1939, le gouvernement soviétique a obligé la Roumanie, par les ultimatums des 26 et 28 juin 1940 à lui céder la Bessarabie, le nord de la Bucovine et la contrée de Herta, qui n'avaient jamais appartenu à la Russie.

L'Italie et l'Allemagne ont accordé (le 30 août 1940) à la Hongrie la partie de nord-ouest de la Transylvanie avec une population majoritaire roumaine.

Le 7 septembre 1940, à la suite des négociations roumano bulgares de Craiova, un traité a été signé par lequel le sud de la Dobroudja (le Quadrilatère) revenait à la Bulgarie.

La crise grave de l'été de 1940 a eu comme conséquence l'abdication du roi Carol (Charles) II en faveur de son fils Mihai (Michel) Ier (le 6 septembre 1940).

Le général Ion Antonescu (maréchal depuis octobre 1941) a pris le pouvoir.

Dans son désir de reconquérir les territoires perdus en 1940, Ion Antonescu a participé aux côtés de l'Allemagne, à la guerre contre L'Union Soviétique (1941).

Le 23 août 1944, sur l'ordre du roi Michel Ier, le maréchal Ion Antonescu est arrêté. Le nouveau gouvernement, formé de militaires et techniciens, déclare la guerre à l'Allemagne (le 24 août 1944).

La Roumanie, avec tout son potentiel économique et militaire, se rallie aux Nations Unies jusqu'à la fin de la guerre en Europe. Malgré les efforts humains et économiques faits pour la cause des Nations Unies pendant neufs mois, le Traité de paix de Paris (le 10 février 1947) n'a pas reconnu à la Roumanie le statut de cobelligérant à la guerre et l'a obligée à payer de grands dommages de guerre. Cependant, le traité a reconnu l'appartenance du nord-est de la Transylvanie à la Roumanie, mais la Bessarabie, le nord de la Bucovine et la contrée de Herta sont restés annexés à l'URSS.

Dans les conditions du stationnement des armées soviétiques sur le territoire de la Roumanie abandonnée par les pouvoirs de l'Occident, pendant la période suivante a connu une évolution similaire à celles des autres satellites de l'Union Soviétique.

Les communistes se sont emparés du pouvoir, les partis politiques ont été supprimés, leurs membres persécutés et incarcérés.

Le roi Mihai (Michel) Ier a été obligé d'abdiquer. Le même jour, le 30 décembre 1947, on a proclamé la République Populaire Roumaine et on a introduit la dictature du parti unique, fondée sur un appareil de surveillance et de répression omnipotent et omniprésent.

Ont suivi la nationalisation des entreprises industrielles, bancaires et de transport (1948), la collectivisation forcée de l'agriculture (1949-1962), ayant comme objectif principal l'industrialisation de type stalinien.

La Roumanie est devenue membre fondateur du CAEM (1949) et du Traité de Varsovie (1955).

A la mort du leader de l'époque d'après-guerre, Gheorghe Gheorghiu-Dej, en 1965, la direction du parti et ensuite de l'Etat a été monopolisée par Nicolae Ceausescu.

La dictature de la famille Ceausescu, l'un des plus absurdes gouvernements totalitaires de l'Europe de ce siècle, avec un culte de la personnalité pathologique, a eu comme résultat, parmi d'autres, des distorsions économiques, la dégradation de la vie sociale et morale, l'isolement du pays par la communauté internationale.

Dans ces conditions, la flamme de la révolution commencée le 16 décembre 1989 à Timisoara s'est rapidement répandue dans tout le pays. Le 22 décembre, par le sacrifice de plus de 1 000 personnes, la dictature a été abolie. La révolution a ouvert la perspective à la réinstauration de la démocratie et du système politique pluraliste, au retour à l'économie de marché et à la réintégration dans l'espace économique, politique et culturel européen.

Bucovine - Revolution de Bucarest 1989Le pouvoir fut assumé par le Front du Salut National, qui a proclamé la suppression des structures communistes, la promotion de l'économie de marché et la tenue d'élections libres.

Dans un intervalle assez bref, les partis politiques historiques, supprimés lors de l'avènement du régime communiste, ont repris leur activité. Des partis politiques nouveaux se sont constitués (plus de 250 partis).

Des élections législatives et présidentielles ont été tenues (en 1990, 1992, 1996 et 2000), de même que des élections pour les organes de l'administration locale, dans des conditions de pluralisme et de liberté.

Une nouvelle Constitution de la Roumanie a été rédigée, votée et promulguée (1991): cette Constitution comprend des stipulations démocratiques, conformes aux standards européens. La Roumanie est membre du Conseil de l'Europe (1993) et œuvre pour devenir membre de I'OTAN et de l'Union Européenne. La Roumanie a été le premier à signer le Partenariat pour la Paix, en janvier 1994. La Roumanie est définitivement revenue aux traditions démocratiques.


Histoire de la Bucovine


La Bucovine ou Bukovine (Bucovina en roumain, Bukowina ou Buchenland en allemand, Буковина en ukrainien) est le nom du territoire adossé aux Carpates du nord-est et des plaines avoisinantes. C'est le Pays d'en Haut de la principauté historique de Moldavie, aujourd'hui séparé en deux parties Nord et Sud, qui appartiennent respectivement à l'Ukraine et à la Roumanie.

La région est considérée comme le noyau originel de la Moldavie, et était appelée "Ţara de Sus" (Pays du Haut), en référence aux plaines plus haut au sud appelées "Ţara de Jos" (Pays du Bas).Le nom Bukowina devient officiel en 1775 avec l'annexion de la région par les Habsbourg autrichiens, empereurs d'Autriche-Hongrie. Le nom a une origine slave et dérive du mot désignant le hêtre; l'équivalent en allemand, das Buchenland, utilisé plutôt en poésie, signifie littéralement "pays des hêtres". Il est prononcé et écrit à peu près de la même façon dans les langues européennes, en roumain: Bucovina; en ukrainien: Буковина, Bukowina; en allemand: das Buchenland' ou die Bukowina, etc.

Le nom standard en allemand, die Bukowina, qui était le nom officiel allemand sous la domination autrichienne, dérive de l’original slave, via la forme polonaise du nom, qui est exactement la même. Ceci est dû au fait que, pour à peu près la moitié du XIX ème siècle, et quelques années auparavant, la Bucovine autrichienne est administrée comme partie intégrée à sa voisine, la Galicie, dont le gouvernement interne était, selon une volonté explicite autrichienne, contrôlé par des fonctionnaires et des nobles (szlachta) polonais, qui avaient traditionnellement formé la classe dirigeante de ce territoire avant que les Habsbourg l’acquièrent pour l’Autriche, selon la partition de l’espace polono lithuanien dans le dernier quart du XVIII ème siècle. En anglais, son nom est the Bukovina, qui est en fait un archaïsme que l’on peut trouver dans la littérature ancienne.

Une explication de la raison pour laquelle cette partie de la Moldavie était nommée Bucovine, même non officiellement avant que les Habsbourg l’obtiennent des Russes comme cadeau pour leur neutralité dans la dispute entre les Ottomans et la Russie, était due au fait que la région avait été le théâtre d’une bataille entre les Magyars et les Roumains de Moldavie. Sur le champ de bataille recouvert des corps de ceux qui étaient tombés, avait poussé une forêt de hêtres, nourris par le sang des deux adversaires ce qui fournit une image plutôt poétique.
Depuis les temps des Romains, des Daces (les ancêtres traditionnels des Roumains d’aujourd’hui) ont habité le territoire. Durant le V ème siècle, le territoire passe sous la domination des Avars. Autour du VII ème siècle, les Slaves s’installent dans la région.

Du IX ème siècle au début du XIVème siècle le territoire fait partie de la Rus' de Kiev et de l’un des états de son successeur, la principauté de Galicie-Volhynie.
A partir du milieu du XIV ème siècle, la région est le noyau de la principauté roumaine de Moldavie, avec la cité de Suceava comme capitale, en 1388. Au XVème siècle, des zones de la région deviennent le sujet de disputes entre le voïvodat moldave et le royaume de Pologne. A cette époque, le patronage de Etienne le Grand et de ses successeurs sur le trône de Moldavie voit la construction des fameux monastères, dont les murs des églises sont peints à l'extérieur : Moldovita, Putna, Sucevita, Arbore et Voronet. Avec leurs fresques extérieures prestigieuses, ces monastères demeurent un des plus grands trésors culturels de la Roumanie moderne.
Pendant les deux siècles qui suivent, la Bucovine fait partie du voïvodat de Moldavie, sous le contrôle des Ottomans. Elle est fréquemment la victime des incursions des Tatars, des Cosaques, des Polonais, des Russes en 1769, et des Autrichiens en 1774.

Pour le prix de son aide diplomatique dans la guerre russo-turque, le traité austro turc du 4 mai 1775 donne la Bucovine à l'Autriche. Le gouvernement ottoman ne tient pas compte des protestations du prince de Moldavie, Grigorie III Ghica. A la fin de l'année 1781, les autorités autrichiennes décident de transférer le siège du diocèse de Radautz à Czernowitz Elles prennent des mesures pour mélanger les populations roumaines, ruthènes, et allemandes. Le processus d'assimilation et de germanisation est très fort chez les Juifs de Bucovine, et l'Université de Czernowitz, créée en 1875, deviendra un bastion de la culture allemande.

La Bucovine reste sous l’administration autrichienne jusqu’en 1918, d’abord en tant que district militaire fermé (1775 - 1786), puis comme district le plus grand du royaume de Galicie et Lodomérie (1787 - 1849), puis en 1849, elle devient un pays de la couronne autrichienne, un Kronland, et finalement accède au titre de Duché. Pendant la Double Monarchie, la Bucovine reste une partie de la Cisleithanie (territoires autrichiens de l’Empire, du côté ouest de la rivière Leitha). Du point de vue ethnique, elle reste mélangée : il y a majoritairement des Roumains au sud, des Ruthènes au nord, quelques Sicules et dans les villes, des Allemands, des Polonais et des Juifs.

Des documents historiques autrichiens montrent la mise en place, dès la conquête de la province, d'une politique d'immigration massive (paysans Ruthènes, Polonais et Russes fuyant le régime du tzar, Juifs persécutés à l'est, paysans pauvres Allemands, Slovaques et Magyars), doublée de l'interdiction formelle faite aux Roumains d'utiliser leur langue et de pratiquer l'orthodoxie.

Malgré tout, en dépit de quelques frictions entre les populations roumaines et ruthènes, sous influence de la hiérarchie orthodoxe, les conflits interethniques n’atteignent pas des niveaux importants, et les deux cultures se développent dans la vie éducative et publique. Bien plus, à la fin du XIX ème siècle, le développement de la culture ukrainienne en Bucovine dépasse la plupart du reste de l’Ukraine, avec un réseau d’établissements éducatifs ukrainiens développé dans les campagnes.

A partir du moment où la Roumanie gagne son indépendance en 1878, la priorité importante pour elle est d’incorporer une province historique entière qui, en tant que noyau originel de la Moldavie, possède une grande signification pour l’Histoire roumaine, et qui contient beaucoup de monuments d’art et d’architecture roumains de grande valeur.

Pendant la Première Guerre mondiale, se déroulent plusieurs batailles entre les armées austro-hongroise, allemande et russe, et l’armée russe est finalement repoussée en 1917. Après l’effondrement de l’Autriche-Hongrie en 1918, la province se retrouve occupée par la Roumanie. Bien que localement les Ukrainiens essaient sans succès d’intégrer des parties de la Bucovine du nord dans l’éphémère République Nationale de l’Ukraine de l’Ouest, le contrôle roumain sur la province est finalement formalisé par le traité de Saint-Germain-en-Laye (1919) et le processus de roumanisation se s’intensifie entre les deux guerres.

Le 28 juin 1940, la Bucovine du nord, centrée sur la capitale, Cernauţi, est envahie par l’Armée Rouge. Moscou veut régler les problèmes de la Bucovine et de la Bessarabie, et utilise les clauses additionnelles secrètes du Pacte Molotov Ribbentrop sur la prétendue protection des minorités slaves, en fait un prétexte pour étendre son territoire à l'ouest. Presque toute la population allemande de la Bucovine du nord, qui s’était installée pendant la domination autrichienne, est forcée d’émigrer vers les territoires du Reich en quelques jours.

La Bucovine du nord change de main encore deux fois pendant la Seconde Guerre mondiale, en particulier quand Petre Dumitrescu dirige la Troisième Armée Roumaine vers le nord, et plus tard, quand l’Armée Rouge reprend le territoire pour l’Union Soviétique.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive de Bucovine est détruite par les déportations au delà de la rivière Dniestr et de la rivière Bug. A la fin, la Roumanie qui se réveille communiste est forcée de céder officiellement la Bucovine du nord à l’Union Soviétique par le traité de paix de 1947, bien que la Bucovine n'ait jamais fait partie du territoire de l'Empire russe. La Bucovine du nord, renommée Oblast (district) de Tchernivtsi, fait partie de la République Socialiste Soviétique d’Ukraine, tandis que le sud de la province, qui entoure Suceava, fait partie de la République Populaire Roumaine. Cette division de la région est toujours en place aujourd’hui, entre les états modernes de Roumanie et d’Ukraine.

Après l'occupation soviétique de la Bucovine du nord, l'URSS continue la politique ethnique, et, comme dans d'autre régions (Moldavie, est de l'Ukraine, Kazakhstan), elle encourage l'installation des populations russes et ukrainiennes, qui sont russophones. Les Roumains, roumanophones, deviennent nettement minoritaires, leur nombre étant estimé aujourd'hui à seulement 200 000 personnes (soit 20 % de la population de la région).

Une minorité roumaine compacte habite le sud de la région de Tchernivtsi. Le pourcentage des Roumains de la population dans les districts suivants représente une proportion significative, comme l’indiquent le résultat récent du recensement .Partout ailleurs en Bucovine du nord, y compris dans la ville de Tchernivtsi, les Ukrainiens sont en majorité.

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Cléopatra Lorintiu est écrivain, poète, journaliste, chroniqueuse, éditrice, productrice, réalisatrice TV, grand reporter et diplomate
 

  

 
   
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