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La Bucovine à travers l’histoire

La région connue sous le nom de BUCOVINE a fait partie à l’époque du Moyen Age de la Principauté de la Moldavie.

Bucovine au Moyen Age.situation de la Bucovine en roumanie

Des villages de cette région comme  Campulung Moldovenesc  ont eu des attestations documentaires à l’époque du voïvode (prince) Alexandru cel Bun (1411 ), du voïvode ( prince) Stefan cel Mare (Etienne le Grand) et de son fils le prince Petru Rares.( 1532-1537).

L’ouvrage du prince Dimitrie Cantemir « Descrierea Moldovei » (La description de la Moldavie) de 1716 fait référence à cette région par rapport à la façon d’organiser la vie administrative sous la forme d’une « république » composée d’une quinzaine de localités qui avaient leurs propres lois et juges.

A cette époque la communauté de villages portait le nom de «Ocolul Campulungului» et ses habitants disposaient d’une grande autonomie par rapport au pouvoir de l’état moldave.

Le prince moldave Grigore Alexandru Ghica a accordé à cette communauté des droits notés dans le document
«Cartea domneasca (Le livre princier) le 18 août 1747.La Bucovine vue satellite - BUCOVINE.com

A chaque fois qu’un nouveau prince montait sur le trône de Moldavie il renouvelait les privilèges d’autonomie de cette région parce qu’elle assurait la défense de la Moldavie sur les principaux cols des Carpates en direction de la Transylvanie.

Au XVII siècle pendant la courte période dans laquelle les polonais ont occupé le nord de la Moldavie, le commandant de l’armée a eu le siège dans cette région connue sous le nom de « Obste de ocol » qui contait en 1766, 922 familles dont 377 dans la ville de Campulung.

Bucovine sous l’occupation autrichienne.

L’occupation autrichienne commence en 1774 quand les troupes des Habsbourgs ont occupé le nord-ouest de la Moldavie, après la Guerre russo-turque, au moment de la retraite des troupes russes et l’affaiblissement de l’Empire Ottoman suite à la guerre de 6 ans (1768-1774).

Par la paix de Kainardji (a la fin de la guerre russo-turque), Catherine II avait obtenu de grands avantages, entre autre: la possession de Kimburn, Iénikalé et Azoff.
Cour d'Autriche - BUCOVINE.com
La Russie s’établit ainsi solidement dans la Mer Noire, essayant de se frayer un chemin vers Byzance.
L’Autriche, jalouse, voulait des compensations.

A cet effet, le cabinet de Vienne s’adressa à la «Sublime Porte» le pouvoir ottoman, et cette dernière, sans grande difficulté, grâce à la corruption dégradante des fonctionnaires turcs et à la libéralité de l’Autriche, permit à celle-ci d’enlever la Bucovine à la Moldavie. « En prenant la Bucovine nous avons entre les mains la clef de la Moldavie » disait Kaunitz, le 7 Février 1775.

Et, ainsi, dit Alfred Rambaud, fut accompli le rapt de la « Bucovine, moins aux dépens de la Turquie décrépie que de la vivante nationalité roumaine. Or, la Bucovine est un pays roumain ou se trouvent les châteaux et les champs de bataille des anciens Princes, Souchéava (Suceava), la capitale primitive, la Forêt Rouge d’Etienne le Grand, Poutna (Putna), la Sépulture royale etc.

(« Histoire générale de l’Europe » par Lavisse et Rambaud.)
(Source: Rapt de Bukovine (1775) La Roumanie à travers les ages de Romulus Seisanu, Editions Universul, Bucarest 1936.

Entre 1775-1918 la région parcours quelques étapes :

1 L’administration militaire (1775-1786).

2 La période quand cette région, portant le nom de BUCOVINE faisait partie du «Cercle administratif de la province territoriale GALICIE » 1786-1848.

3 La période quand la Bucovine est reconnue comme duché autonome de l’Empire austro-hongrois.

Suite à l’exploitation économique, sociale et nationale exercé par les occupants austro-hongrois les Roumains de Bucovine commencent leur lutte nationale pour garder leur identité (1848-1918).

Toute la Bucovine fait partie de la Roumanie après la première guerre mondiale.

A l’époque de la première guerre mondiale, les Roumains de Bucovine et de Transylvanie étaient déjà organisés dans
« L’Association des Roumains Bucoviniens et Transylvaniens
»qui a soutenu l’entrée de la Roumanie en guerre aux cotés des Alliées.

En 18 février 1918 l’Ukraine formule des prétentions territoriales sur la Bucovine.

L’année 1918 représente pour la Bucovine le moment de l’autodétermination et de l’unification avec la Roumanie.

Les étapes de l’autodétermination sont les suivantes :

Le 14 octobre 1918 à l’initiative de Sextil Puscariu l’Assemblé Nationale est convoqué à Cernauti.

Celle-ci s'autoproclame Assemblé Constituante et décide l’union de « toute la Bucovine » avec les autres provinces roumaines qui ont appartenu à l’Empire austro-hongrois et la formation d’un état national indépendant .

En ce moment la naît le Conseil National représentant la Bucovine et le Bureau Exécutif sous la direction de Iancu Flondor.

Dans la situation trouble de la région, le Conseil National demande l’appui de l’armée de la Roumanie .

Celle-ci dépêche une division sur place le 23 octobre 1918 et informe le gouvernement autrichien.
Czernauwitz Platz
Le 12 novembre le Conseil National établit les institutions de l’autonomie bucovinienne.

Le 15 novembre 1918 le Congres Général de la Bucovine vote l’Union avec la Roumanie.

 L’union de la Bucovine à la Roumanie 1918

La désannexion de la Bucovine

Le gouvernement provisoire, issue d’une assemblée nationale des Roumains et de toutes les nationalités de Bucovine, représentant la grande majorité de la population de toute la province à l’exception des Ruthènes, a proclamé, le 28 novembre 1918 Cernauti, l’union définitive et sans conditions, avec la Roumanie, de toute la province dans ses limites historiques j’usqu’aux Dniester, Colacin, Ceremush.

Le congrès national a été présidé par Iancu Flodor.

Motion du congrès général de la Bucovine 15 – 28 Novembre 1918

Le congrès général de Bucovine, assemblée aujourd’hui jeudi 15 novembre 1918, dans la salle du synode de Cernauti.

Considérant que, depuis la fondation des principautés roumaines, la Bucovine, qui comprend les anciens territoires de Suceava et de Cernauti, a toujours fait partie de la Moldavie qui s’est fixée autour d’elle comme état.

Considérant que, à l’intérieur des limites de ce pays, se trouve l’ancien siège princier de Suceava, les tombeaux des princes de Radauti, Putna et Sucevita, ainsi que beaucoup d’autres restes et souvenirs précieux du passé de la Moldavie.

Considérant que les fils de ce pays, coude à coude avec leurs frères de Moldavie et sous la conduite des mêmes princes, ont défendu au cours des siècles l’existence de leur race contre toutes entreprises du dehors et contre l’invasion païenne.

Considérant que, en 1774, par trahison, la Bucovine a été arrachée du corps de la Moldavie et réunie par violence à la couronne des Habsbourg.

Considérant que, pendant cent quarante-quatre années (144) le peuple de Bucovine a enduré les souffrances d’une domination étrangère qui ne tenait pas compte de ses droit nationaux, et qui, par des manœuvres détournées et des persécutions, cherchait à dénationaliser son âme et à exciter des inimitiés avec les autres nationalités avec lesquelles il veut vivre fraternellement.

Considérant que, au cours des cent quarante-quatre années, le peuple de Bucovine a combattu en martyr sur tous le champs de bataille de l’Europe, sous des drapeaux étranger, pour le maintien, la gloire et la grandeur de ses oppresseurs, et que, en récompense, il a dû souffrir la diminution de ses droits héréditaire, l’expulsion de sa langue de la vie politique, de l’école et même de l’église.

Considérant que, pendant le même temps, ce peuple autochtone a été empêché systématiquement d’utiliser les riches sources de ce pays, et a été dépouillé en grande partie de son vieil héritage.

Considérant que, malgré tout, le peuple de la Bucovine n’a pas perdu l’espérance que l’heure du salut, attendue avec tant de désir et de souffrances, arriverait, et que l’héritage de ses ancêtres découpé par des frontières illégales, retrouverait son intégrité par la ré annexion de la Bucovine à la Moldavie d’Etienne le Grand , et que ce peuple a sans cesse nourri l’espoir que le grand rêve de sa race se réalisera le jour ou s’uniront tout les pays roumains entre Dniester et Tissa en un seul État national unitaire.

Constate que cette grande heure a sonné !

Aujourd’hui que, après les efforts et les sacrifices héroïques de la Roumanie et de ses puissant et noble allies se sont établis dans le monde les principes de droit et d’humanité pour tous les peuples, et que, à la suite de coups décisifs, la Monarchie austro-hongroise a été ébranlée dans ses fondements et s’est écroulée, et que les peuples qu’elle enchaînait en elle ont conquis le droit de libre disposition d’eux-mêmes, la première pensée de la Bucovine affranchie va au royaume de Roumanie auquel elle a toujours lie son espoir d’affranchissement .

En conséquence, nous, Congres général de Bucovine, incarnant le pouvoir suprême du pays et étant seul investi du pouvoir législatif , au nom de la souveraineté nationale,

Décidons :
L’union inconditionnée et éternelle de la Bucovine dans ses anciennes frontières, jusqu’aux Ceremush, Colacin et Dniester, avec le royaume de Roumanie.


(Sources : atlas historique de Romulus Seisanu Réédition A .R.E.D)


Le Roi Ferdinand de Roumanie signe le Décret loi de 18 décembre 1918 par lequel la Bucovine rejoint la l’État Roumain réunifié le 1 décembre 1918.
Le Roi Ferdinand 1er de Roumanie
En 1920 l’État Roumain dissous par décret les institutions dirigeantes régionales de Bucovine, Transylvanie et Bessarabie.

Pendant l’automne de l’année 1920 a eu lieu l’unification monétaire, l’État Roumain retire de la circulation les lei émis par les allemands, les couronnes autrichiennes et les roubles.

Jusqu'à nos jours le sud de la Bucovine fait partie de l’État Roumain.

La Bucovine après 1940.


Pendant l’été 1940 la Roumanie a été mise devant l’option suivante : soit de disparaître comme état national ou de céder des territoires.

Le 26 juin 1940, le ministre des affaires étrangères soviétique Viaceslav Molotov convoque le diplomate roumain Gheorghe Davidescu au Kremlin et lui pose l’ultimatum de céder la Bessarabie et le Nord de la Bucovine.

Le 29 juin 1940 les soviétiques annonces leur intention d’entrer le lendemain dans ces territoires. La Roumanie est obligé de quitter le territoire de la Bessarabie en 4 jours.

Dans cette situation le Conseil de la Couronne de Bucarest  décide de céder les territoires demandés par les soviétiques dans l’espoir de garder l’État Roumain.
 



La Roumanie a cédé la Bucovine de Nord, le comté de Herta et la Bessarabie à l’Union Soviétique.
Après 1944 la résistance anti- communiste se manifeste dans les montagnes de Bucovine.

Le 15 mai 1944 naît en Bucovine le premier groupe de résistance antisoviétique dirigé par Vladimir Macoveciuc Voitonel.

Le 20 juin les partisans bucoviniens exterminent un groupe d’officiers de l’état major soviétique et deux pelotons soviétiques.

En juillet 1944 naît le groupe des partisans de Putna, dirigé par Constantin Cenusa.

Le NKVD et la « Siguranta » (les forces du ministère de l’intérieur roumain) arrêtent les dirigeants de groupe des partisans bucoviniens « Sumanele negre » de Vatra Dornei, dirigé par Gavrila Olteanu.

Les partisans de Bucovine ont résisté aux actions du régime communiste jusqu’en janvier 1958 quand les communistes ont arrêté le dernier partisan bucovinien, Vasile Motrescu.

En 1991, après la chute du communisme en URSS, l’Ukraine indépendante hérite de la Bucovine du Nord et du conté de Herta.

ci-dessous la carte de la Bucovine de 1910 - Carte de la Bucovine du sud 2009 cliquez ici
 

Carte d'état major de bucovine



 



 

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Cléopatra Lorintiu est écrivain, poète, journaliste, chroniqueuse, éditrice, productrice, réalisatrice TV, grand reporter et diplomate
 

  

 
   
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